Sur les traces d’Ezio Auditore : La légende commence à Florence

Cet été j’ai eu la chance de réaliser un vieux rêve : partir en vacances en Italie. Si j’entretenais déjà cette envie depuis petit, la découverte de la franchise Assassin’s Creed l’a largement renforcé (j’ai d’ailleurs consacré un article aux héros du III). Assassin’s Creed II est un de mes jeux préférés, et Ezio un protagoniste que j’aime particulièrement (quelle originalité). Accompagné de mon frère cadet, j’ai donc articulé mon voyage autour de trois grandes destinations. C’est donc sur trois articles que se déclinera non pas un récit de voyage, mais un retour sur les lieux emblématiques de la saga, agrémenté de conseils pour ceux souhaitant eux aussi suivre les traces d’Ezio Auditore. Florence n’était que la seconde étape de mon voyage, mais il est logique de commencer par cette ville. Après tout, c’est ici qu’Ezio a vu le jour, c’est ici que son odyssée débute.

Le Ponte Vecchio – Ezio Begins

C’est ici que tout commence, sur le Ponte Vecchio. Les Auditore et les Pazzi se sont retrouvés pour se mettre sur la tronche, c’est pour nous la première confrontation d’une longue série entre ces deux familles qui représentent respectivement les Assassins et les Templiers. Toute une symbolique donc. Et c’est aussi ici que le joueur a son premier contact avec Ezio, jeune homme fougueux et fier, tout aussi prêt à sortir les poings pour défendre l’honneur de sa famille que des blagues puériles pour provoquer ses ennemis. Pour le moment, Ezio prend la vie assez légèrement, mais ce pont porte un symbole de transition vers une vie tragique. De nos jours, celui-ci a bien changé : il fourmille désormais de touristes qui arpentent les boutiques placées tout son long. Reste quand même une ouverture de chaque part du Ponte Vecchio permettant d’admirer l’Arno, fleuve emblématique de la ville. Une prise de distance permet d’admirer encore mieux ce pont au charme indéniable. Un incontournable.

Le Palazzo Strozzi – Le Palazzo Auditore

Pas encore un Assassin, le jeune Ezio vit avec sa famille dans le Palazzo Auditore. En réalité, celui-ci n’existe pas mais a été créé pour les besoins du jeu à partir du Palazzo Strozzi, accueillant aujourd’hui des expositions artistiques de façon périodique. En revanche, la cour intérieure est libre d’accès aux visiteurs qui peuvent désormais s’y restaurer. Malgré ces changements drastiques, il n’y a pas d’erreur possible : c’est bien le lieu qui a vu naître Ezio, celui qui lui sera enlevé par les Templiers alors qu’il représentait famille et confort pour lui.

Le Palazzo Vecchio – Dernière demeure de Giovanni Auditore

Après la perquisition du Palazzo Auditore organisée par le gonfalonier de la ville, le père et les frères d’Ezio se verront emprisonnés dans une toute autre demeure : le Palazzo Della Signoria. Ce palais-forteresse et hôtel de ville est une visite que je ne saurais que trop vous conseiller, notamment pour ses plafonds riches en mythologie grecque, sa pièce contenant des cartes anciennes du monde, ou encore sa salle des Cinq-Cents, l’une des plus grandes de toute l’Italie. Vous pourrez également monter jusqu’en haut pour profiter d’une jolie vue de Florence, et en chemin, de la cellule ayant abrité le padre Auditore (jusqu’à laquelle Ezio doit grimper sans se faire repérer).

Conseil : Par chance, la visite du palais est gratuite pour les jeunes, mais l’accès à la tour se veut un peu cher pour le peu à voir. Sans l’attrait pour Assassin’s Creed, je pense que cet argent sera probablement mieux injecté ailleurs.

La Piazza della Signora – Exécutions en série

La magnifique Piazza della Signora n’héberge pas seulement le Palazzo, mais aussi la Loggia dei Lanzi et ses magnifiques sculptures (pas encore présentes à l’époque du jeu) ainsi que la fontaine de Neptune. Un charme qui n’a fait que se renforcer lorsque j’ai assisté à la dernière représentation d’un orchestre sous la Loggia, et qui a notamment interprété des musiques de Star Wars. Mais au-delà de cette joyeuse réalité se cache une sombre fiction : c’est sur cette place qu’ont été exécuté le père et les frères d’Ezio. Théâtre de la tragédie qui lancera Ezio dans une quête de vengeance, il est également celui qui signe la fin du jeu puisque c’est ici qu’est dressé le bûcher du fanatique Savonarola avant qu’Ezio ne l’exécute de sa lame secrète, par pitié.

La Basilica Santa Croce – Les Auditore ne sont pas morts

Les Auditore n’ont pas simplement été exécutés par les Templiers, ils ont été trahis par un ami. Uberto Alberti était gonfalonier de la ville de Florence en ce temps, tout du moins dans les jeux, et a participé à mener Giovanni Auditore et sa famille à leur perte. C’est lui-même qui plante le dernier clou dans leur cercueil en détruisant les preuves de leur innocence qu’Ezio lui avait apporté la veille de l’exécution. Rien de plus normal à ce qu’il soit alors la première cible de l’apprenti Assassin, qui fera couler le sang dans le cloître de la Basilique Santa Croce avant de s’écrier : « Les Auditore ne sont pas morts. Je suis toujours là. Moi ! Ezio ! Ezio Auditore ! »

Par contre je n’ai vu le lieu que de l’extérieur, c’était fermé.

La Basilica di Santa Maria Novella – Petits secrets entre Templiers

Après avoir été la victime d’un complot fomenté contre sa famille, Ezio traquera les Templiers et préviendra la réussite d’autres conspirations. C’est ce qui se prépare dans les sous-sols de la Basilique Santa Maria di Novella, où des Templiers se réunissent pour préparer une tentative d’assassinat. La cible : les Medici, famille de roturiers au pouvoir à Florence depuis le XIIIème siècle. La raison : l’ascension des Medici constitue une menace en elle-même contre les familles nobles de longue date, ici les Pazzi. Le but dans le jeu : asseoir les Pazzi au pouvoir pour servir les intérêts des Templiers, menés par Rodrigo Borgia (le pape Sixte IV).

En réalité, ce dernier souhaitait donner à son neveu des villes florentines mais s’est vu essuyé un refus des Medici. Sixte IV trouva alors en la famille Pazzi des alliés de choix. Seulement, Ezio a eu vent de cette réunion secrète et y assistera en cachette, lui permettant d’agir en conséquence. Accessoirement, la Basilique Santa Maria di Novella cache en son sein le tombeau de l’Assassin Darius, inventeur de la lame secrète propre à Assassin’s Creed. S’il est impossible d’accéder aux sous-sols de la basilique, il sera tout de même dommage de se priver de Santa Maria di Novella, qui a plus à offrir que la plupart de ses semblables avec ses musées et son cloître. Une visite des plus agréables.

La Piazza del Duomo – La Conjuration des Pazzi

L’heure de la conspiration des Pazzi a sonné, et elle est bien réelle ! Dans Assassin’s Creed II, c’est sur la Piazza del Duomo que cette tentative d’élimination des Medeci a lieu, résultant en la mort de Giuliano. Lorenzo, lui, a été blessé mais sauvé par Ezio qui le mènera jusqu’à la Chapelle Medici. S’il est évident qu’en réalité ce sont les gardes du corps de Lorenzo qui l’ont sauvé, on ne se doute pas qu’Ubisoft a modifié le lieu même des événements. En effet, ceux-ci se sont en fait déroulés non pas devant la Cathédrale Santa Maria Del Fiore mais en son sein, ce que décrit plus fidèlement la novélisation du jeu. Ce choix n’a rien d’étonnant quand on se rappelle que la licence n’explorait alors que peu les intérieurs.

Au delà de cette vision quelque peu sanguinaire, la Piazza del Duomo est avant tout un lieu de beauté aussi vaste que haut. En son centre, on trouve bien évidemment la Cathédrale Santa Maria del Fiore, qui m’a frappé autant pour la richesse de ses motifs et couleurs que pour sa sobriété. Réellement un édifice comme on en voit très peu et dont l’histoire visuelle est en partie détaillée au Musée dell’Opera (situé juste à côté). Ce dernier comporte notamment une reconstitution de ce qu’était initialement la façade du bâtiment, qui devait s’inscrire dans un style gothique et dont de nombreux éléments sont à retrouver dans le dit musée. Lors de la Renaissance, période durant laquelle Assassin’s Creed II prend place, il fut décidé de finir enfin la façade en la remodelant complètement dans un style bien plus sobre et propre à l’époque.

L’intérieur de l’édifice suit quelque part cette logique puisque c’est une cathédrale assez dépouillée que l’on découvre. Son attrait majeur, c’est la fresque peinte par Botticelli sur le Dôme, et qui nécessite une montée pour l’admirer pleinement. Pour la première fois de ma vie, j’ai pu voir Satan et ses démons représentés dans un lieu saint. Autant dire qu’après avoir vu mille et mille saints, la vue de l’Enfer était une vraie délivrance. Mieux encore, ces représentations peuvent se voir dans différents lieux de la ville, comme si l’art avait à Florence prédominé sur les craintes religieuses. Mais là n’est pas tout l’intérêt de la montée du Dôme, puisqu’une fois arrivé en haut, vous aurez droit à l’une des meilleures vues de Florence. Dans Assassin’s Creed II, il s’agit même du point le plus élevé de tout le jeu, alors que le Campanile le jouxtant était le plus haut point de synchronisation. Rien d’étonnant à ce que j’ai pu galérer autant pour y grimper à l’époque.

Malgré le soin apporté par l’équipe d’Ubisoft pour dépeindre la Piazza del Duomo aussi fidèlement que possible, il est probable que vous ne reconnaissiez pas un bâtiment situé juste devant la Cathédrale. Il s’agit du Baptistère, qui a été tout bonnement effacé dans le jeu pour cause de texture trop difficile à modéliser. Pour rester fidèle à ce portrait de la place, le Baptistère est également aux abonnés absents dans le moyen-métrage Assassin’s Creed Embers. En lieu et place : un banc, celui où Ezio rend finalement son dernier souffle.

Conseil : Avec un unique billet, vous pourrez visiter aussi bien la Cathédrale que le Baptistère, la Crypte, le Campanile ou même le Musée dell’Opera. Seule la montée au fameux Dôme nécessitera de réserver un créneau horaire précis… qui ne vous empêchera pas de faire la queue pour autant (vous esquivez juste celle du bureau des tickets, ce qui n’est pas négligeable). Venez donc en avance, et encore plus pour la Cathédrale en elle-même, dont la file d’attente longe déjà la moitié du bâtiment à son ouverture. Comptez donc au minimum une bonne heure.

NB : Si vous voulez manger sur place, essayer Panini Toscani, qui propose d’excellents panini. La particularité de cet endroit est de vous faire goûter les fromages et charcuteries avant que vous ne fassiez votre choix. Personnel très sympathique, je recommande !

Le Palazzo Pitti – Le règne de Savonarola

De l’autre côté de l’Arno se situe le Palazzo Pitti, où résidaient les Medici après avoir quitté le Palazzo della Signoria, renommé alors en Palazzo Vecchio. Dans Assassin’s Creed II, c’est ici que Girolamo Savonarola avait installé ses quartiers (mais pas en réalité) jusqu’à être délogé par le peuple florentin aidé par Ezio. Vous tenir devant le palais suffira à raviver vos souvenirs du jeu, mais je vous conseille de prendre un ticket pour visiter ses musées et, surtout, les jardins y étant associés. Celui de Boboli, situé juste derrière, recèle de plusieurs points d’intérêt en plus d’être somptueux. Entre autres, un ancien amphithéâtre, un obélisque ramené d’Egypte par les Medici, ou encore la Grotte de Buontalenti, mélangeant avec talent la sculpture, la peinture et architecture.

Conseil : Si le cœur vous en dit, vous pouvez compléter votre ticket avec la Galerie des Offices, qui accueille (parmi d’innombrables peintures de Jésus et Marie) la très célèbre Naissance de Vénus de Boticelli. Et si vous êtes plus malin que moi, vous irez acheter votre billet très tôt le matin puisque, de ce que j’ai lu après coup, vous pourrez profiter d’une réduction de 50%, ce qui n’est pas négligeable.

Spedale Degli Innocenti – L’origine des orphelinats

Dans l’histoire du jeu, ce lieu n’est pas particulièrement important, mais il m’a tout de même marqué pour plusieurs raisons. Dans le DLC « Le Bûcher des Vanités », il faut à Ezio assassiner chacun des lieutenants du fanatique Savonarola, et l’un d’eux se situe devant le Spedale degli Innocenti où il fait une déclaration publique. Outre le fait que j’ai galéré pour réussir la mission, ce lieu est marquant pour être l’un des premiers orphelinats d’Europe, son nom signifiant littéralement « L’hôpital des Innocents ».

Bonus : La Piazzale Michelangelo – The Dark Knight Rises

Il m’était impossible de visiter Florence sans me rendre sur le lieu de tournage de l’une des scènes finales du film The Dark Knight Rises (que j’adore évidemment). Je parle de celle où Alfred se rend dans un café à Florence et aperçoit Bruce Wayne heureux avec Selina Kyle. Ce restaurant se nomme La Loggia et il se trouve sur la Piazzale Michelangelo, située dans les hauteurs de la ville et à partir de laquelle on dispose d’un panorama à couper le souffle. Il faut s’y rendre pour en ressentir la magie, mais il s’agit assurément d’un lieu de choix pour conclure la magnifique trilogie de Christopher Nolan. En revanche, vu sa localisation, La Loggia n’est pas un restaurant pour le touriste moyen, je ne l’ai donc vu qu’à quelques mètres de distance. Suffisamment assez pour me refaire la scène.

Monteriggioni – La Villa Auditore

Impossible de se rendre en Toscane sans faire un détour dans un lieu aussi sacré que Monteriggioni pour les fans d’Assassin’s Creed. En effet, c’est dans cette cité que se trouve le fief ancestral des Auditore. Une fois descendu du bus, l’oncle Mario n’est pas là pour m’accueillir : une averse fracassante le remplace. A partir de là, il faut encore marcher un peu pour prendre de la hauteur à travers les vignes de Toscane. Monteriggioni commence à se dévoiler à mes yeux, et c’est une vision assez enchanteresse tant elle ressemble au jeu. Tout du moins… jusqu’à ce que je pénètre à l’intérieur. Chassez vous immédiatement de la tête la vision que vous en aviez, Monteriggioni est en réalité beaucoup plus petite. Si le tour en est très vite fait et que le seul monument réellement reconnaissable est l’église (et oui, pas de Villa Auditore), vous pourrez tout de même monter aux remparts pour peu cher afin d’admirer la campagne toscane qui n’a pas d’égale. Avec ce même ticket, profitez du petit musée médiéval qui a pour lui de proposer d’essayer quelques équipements de l’époque. Pour peu que l’on sache à peu près à quoi s’attendre, la visite reste très sympathique. Et vous pourrez le dire : j’y étais.

Conseil : Si vous souhaitez passer quelques jours à Florence, je vous conseille l’auberge de jeunesse Archi Rossi Hostel, qui inclut un petit-déjeuner gratuit (self à volonté et varié) et qui dispose d’une structure moderne et accueillante. Quant au voyage vers Monteriggioni, des bus sont à votre disposition pas très loin, mais pensez à signaler votre arrêt au chauffeur, ou il risque de le passer.


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6 commentaires sur « Sur les traces d’Ezio Auditore : La légende commence à Florence »

  1. Eh bien, quel article ! Je suis fan des Assassin’s Creed, mais je n’ai pu commencer à y jouer qu’à partir de Black Flag et je dois admettre que tu donnes envie de découvrir les anciens. L’idée de ponctuer ton voyages de visites liées aux jeux (et même films) que tu as aimés est une excellente idée, et on voit que tu as pris la peine de te documenter pour proposer le même itinéraire à tes lecteurs. Ou établir des comparaisons grâce aux photos. Ça m’a aussi permis de m’évader, alors merci !

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    1. Ah ah, ton parcours Assassin’s Creed est tout l’inverse du mien finalement ! Mais je ne peux que te conseiller de découvrir l’histoire d’Ezio. Le gameplay est bien plus rigide que ce qu’on peut faire aujourd’hui, mais je pense que le parcours du personnage et l’ambiance dégagée par l’Italie de la Renaissance suffisent largement à passer outre ! Ravi que l’article t’ait plu en tout cas. Il est assez différent des autres, mais je me suis dit que ce serait dommage de garder mes recherches et mon expérience pour moi. Peut-être entreprendras-tu ce voyage aussi après avoir découvert Ezio !

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      1. Je me lancerai sans doute dans les AC qui me manquent un jour ! D’ailleurs, la saga me manque. J’ai hâte qu’un nouvel épisode sorte, ahah. Encore merci d’avoir partagé ton voyage avec nous.

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